Mais tout a changé le jour de l’incendie.

Un feu violent, incontrôlable, a ravagé la forêt. Les flammes ont consumé les arbres, la terre, et une partie de Songe lui-même. Son corps métallique a été déformé, noirci, fissuré. C’est à ce moment-là qu’il est devenu ce que certains appellent un “ignited” — une entité marquée par le feu, instable, hantée par ce qu’elle a perdu.

Depuis cet événement, Songe ne marche plus comme avant. Il ne suit plus de chemin. Il erre.

Incapable de se déplacer au sol comme les autres, il se déplace désormais d’arbre en arbre, comme s’il cherchait encore un refuge dans les hauteurs, loin des cendres. Ses mouvements sont irréguliers, presque irréels, donnant l’impression qu’il flotte entre les troncs brûlés.

Certains disent que cette manière de se déplacer vient de son passé… ou plutôt de ce qu’il n’a jamais appris.

Sa mère, aujourd’hui disparue, ne lui a jamais appris à creuser, ni à survivre dans la terre. Elle l’a laissé dépendant des structures autour de lui. Sans racines, sans ancrage, Songe est condamné à rester en surface, suspendu entre les vestiges d’un monde détruit.

Cette absence d’apprentissage est devenue une malédiction.

Aujourd’hui, Songe est une légende. Un murmure dans les forêts calcinées. Une silhouette qui glisse entre les arbres.